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Quelle est la valeur juridique d’un devis ?

Quelle est la valeur juridique d’un devis

Le devis est un document écrit qui lie le prestataire à son client. Lorsqu’il crée un devis pour son prospect, le professionnel propose un service avec des modalités précises. Le devis a donc deux valeurs essentielles. La première correspond à la valeur commerciale. Le donneur d’ordre prend connaissance des détails du chantier et peut comparer les offres. La seconde est la valeur juridique du devis. Une fois signé, le devis engage les deux parties et tient lieu de contrat. Un devis est-il obligatoire pour des travaux ? À quel moment devient-il engageant ? Quelles sont les mentions légales attestant de la valeur juridique d’un devis ? Lisez !

L'exigibilité du devis dans les travaux

Selon la législation en vigueur, un devis pour des travaux n’est pas nécessairement obligatoire. En effet, dans le bâtiment, certaines prestations doivent être réalisées après la signature d’un devis pour conserver leur valeur légale. Parmi les travaux nécessitant un devis, on trouve les opérations :

  • d’installation, de réparation ou d’entretien d’équipements électriques ou électroménagers 
  • de dépannage, d’entretien ou de réparation pour la maçonnerie, le ramonage, l’isolation, la vitrerie, l’installation électrique, la peinture, la plomberie, la couverture, etc 
  • de remplacement de pièces ou d’éléments à la suite de prestations précédentes.

 

Toutefois, il le devient lorsque le montant de la prestation réalisée dépasse les 150 euros, et pour certains types de travaux.

L'engagement au devis

Avant signature, le devis n’est qu’une proposition commerciale venant d’un professionnel, que le client est libre d’accepter ou non. Rien ne l’engage donc à demander plusieurs devis, venant de prestataires différents, pour comparer les tarifs de chacun.

La valeur juridique du devis se crée seulement au moment où il est signé par les deux parties. Il doit comporter la mention “bon pour accord” ou “bon pour travaux”, et lie alors le prestataire au client.

La valeur juridique d’un devis est la même qu’un contrat

Ici, un devis signé pour des travaux engage l’entreprise de bâtiment à effectivement réaliser les prestations pour le montant et la durée fixés en amont et indiqués sur le devis. Le professionnel prend donc un engagement en termes de travaux, de coûts et de délais. Si un acompte est versé en aval de la signature du devis, il signifie également que le contrat est accepté de façon définitive.

Dans le cas d’une rétractation après acompte, des dommages et intérêts peuvent être demandés.

Un devis ne peut pas être résilié

Après signature, la résiliation d’un devis n’est pas possible. Ce document possède, en effet, la même valeur juridique qu’un contrat, valable et licite. Il existe néanmoins quelques exceptions et annuler un devis signé est possible sous certaines conditions. Ce sont par exemple le non-respect des délais de livraison ou l’application du délai de rétraction par exemple (le délai de rétractation n’est un droit que dans le cas d’un démarchage à domicile).

Un devis peut être modifié avec un avenant

Il est également possible de modifier un devis si les conditions initiales changent. Pour cela, il faut créer un avenant au devis. Bien plus simple que de créer un nouveau devis depuis zéro, l’avenant permet de modifier des éléments du devis initial et de les rendre officiels après signature. Il sera ensuite soumis à des conditions de réalisation identiques au premier devis (prix, durée, modalités d’exécution).

Les mentions légales attestant de la valeur d'un devis

Les mentions légales comportent les mentions obligatoires et les mentions facultatives.

Les mentions obligatoires

Pour qu’un devis soit conforme, il doit comporter des mentions obligatoires. Ce sont :

  • la date ;
  • la mention de “Devis” et le numéro unique du devis ;
  • le nom et adresse de votre entreprise ;
  • le nom de votre client ;
  • le caractère gratuit ou payant du devis ;
  • la durée de validité de l’offre ;
  • la date de début des travaux ;
  • la durée prévue des travaux ;
  • les prestations détaillées, en quantité et prix unitaire ;
  • le prix de la main d’œuvre ;
  • les frais annexes (déplacements ou autres) ;
  • la somme finale en HT et TTC.

 

Ces dernières forment la valeur juridique du devis et ne peuvent pas être soumises à l’interprétation des parties.

Les mentions facultatives

En plus des mentions légales et obligatoires, l’artisan peut décider d’apposer des mentions facultatives. Parmi les plus courantes, on retrouve les moyens de paiement acceptés, les dates et échéances des paiements, les frais de déplacement et les pénalités de retards.

Bon à savoir : 

À partir du moment où ces dernières restent légales, le prestataire peut librement ajouter des conditions supplémentaires sur le devis.

Les conséquences du non-respect du devis

Le droit permet d’annuler un devis sous certaines conditions avec deux solutions pour régler les litiges.

Possible d’annuler un devis signé sous certaines conditions

Comme expliqué précédemment, un devis ne peut pas être résilié, sauf sous certaines conditions. Par exemple, si le professionnel ne respecte pas les délais ou les modalités d’exécution. S’il change aussi ses prix, le client est en droit d’annuler la vente et le contrat.

Dans le cas d’une demande de résiliation, cette dernière devra se faire sous la forme d’une lettre recommandée avec accusé de réception. Par contre, le client ne peut pas se rétracter du contrat sans raison, sa signature du devis l’ayant engagé dans le processus. Le professionnel peut alors saisir la justice pour faire valoir ses droits.

2 solutions pour le règlement d’un litige

Si une entreprise veut régler un litige avec un client qui ne respecte pas sa part du marché, elle a recours à 2 types de solutions.

La première est la solution à l’amiable. Alors, une relance par mail ou courrier peut parfois suffire à régler un problème. Dans le cas contraire, il reste la solution de la mise en demeure, qui exigera le règlement de la somme inscrite sur le devis signé.

La seconde est le recours à la justice. Le professionnel doit saisir sa juridiction de proximité lorsque les créances restent inférieures à 4 000 euros. Si la créance est d’un montant au-delà, il faut saisir le tribunal d’Instance. Un avocat est ici recommandé, mais non obligatoire. Le dossier du litige sera inspecté par la juridiction, qui pourra transmettre un titre exécutoire à un huissier et opérer une saisie au nom du créancier.

La valeur juridique d’un devis en résumé

Un devis a d’abord un objectif commercial : présenter une offre à un client pour qu’il l’accepte et valider la prestation de services. Dès signature, il se modifie et prend un aspect juridique, en tenant lieu de contrat entre les deux parties pour une prestation donnée.

Il est facultatif dans la plupart des situations, sauf dans le secteur BTP où faire un devis est une pratique courante. Dans tous les cas, il est fortement conseillé d’en proposer un au client pour vous protéger légalement.

Le devis ne peut être résilié (sauf dans le cas d’un défaut de l’une des parties), mais peut être modifié grâce à un avenant au devis. Sa valeur légale est totale tant que les mentions obligatoires et facultatives sont juridiquement valides, claires et précises. Dans le cas d’un non-respect des clauses spécifiques au devis par l’un des partis, la situation peut être réglée à l’amiable ou en ayant recours à la justice.

Ainsi, le devis est un atout juridique puissant pour sécuriser vos relations client et votre trésorerie. Surtout, il vous assure une couverture en cas de manquement de la part de vos clients et vous aide donc à conserver un esprit serein.

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